La Recherche

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ETHICS, un véritable atout pour la recherche au sein d' ESSLIL

La recherche est une des composantes fortes de l’École des Sciences de la Société.

Inscrite pleinement dans les missions portées par l’Université Catholique de Lille, en matière de formation, de recherche et de service à la société, ESSLIL appuiera ses expertises sur les équipes de l’unité de recherche pluridisciplinaire ETHICS – EA 7446.
ESSLIL apportera ainsi les compétences indispensables aux futurs acteurs et entrepreneurs des transformations sociétales, écologiques, économiques, culturelles et citoyennes.

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Présentation du GERTS

Le Groupe d’Etudes et de Recherche en Travail social (GERTS) développe son activité scientifique (recherche, formations, recherche-actions, séminaires) à la croisée de plusieurs disciplines des sciences humaines et sociales, et plus spécifiquement de la sociologie et de l’intervention sociale.  

L’histoire de cette équipe est étroitement liée à l’évolution des formations universitaires et professionnelles dans le champ du travail social et de la santé au sein de la FUPL et de l’ICL (Institut Social de Lille devenu ESSLIL).

Créé en 1997, le GERTS s’est étoffé depuis ces cinq dernières années en cherchant à réunir les compétences en recherche de cette école, au service d’un projet collectif de développement de la recherche sur les pratiques, les acteurs, les institutions et les politiques, dans le champ du travail social et de l’intervention sociale et médico-sociale.

Elle est aujourd’hui composée de 6 enseignants-chercheurs permanents (docteurs en sociologie et philosophie) et de 4 contributrices scientifiques, enseignantes (diplômées en sociologie et sciences de l’éducation) qui interviennent sur des projets plus spécifiques d’étude et de mise en réseaux.  

Proche d’une conception du travail social tel qu’il est théorisé et pratiqué à l’échelle internationale, la recherche menée par les chercheurs et chercheuses du GERTS est le plus souvent appliquée, partenariale et/ou collaborative et à visée transformatrice.

À partir d’une double démarche de recherche et d’intervention, les projets conduits par cette équipe, ancrés sur le terrain, au plus près des milieux sociaux et organisationnels, s’intéressent aux mutations sociétales, aux parcours de vie, aux conduites individuelles et collectives, et à leur articulation avec les politiques publiques.

L’équipe a été construite autour de trois axes centraux : 

Axe 1. Vulnérabilité, nouvelles solidarités et justice sociale 

Axe 2. Politiques et pratiques en transition dans les secteurs du social, médico-social et de la santé 

Axe 3. Migrations, normes et dynamiques interculturelles 

Quelques exemples de projets portés par l'équipe

L’équipe du GERTS est impliquée dans l’ensemble des filières de formation proposées au sein d’ESSLIL de la licence au master (travail social-sociologie-management des organisations sanitaires, sociales et médico-sociales, transformations sociétales) et y occupent également des responsabilités administratives (direction de la recherche, responsabilités de filières, de parcours ou de modules d’enseignement).

Les activités de recherche développées bénéficient aux étudiants dans le cadre de cours, de séminaires ou de projets pédagogiques innovants (Cf Portfolio). Elles impulsent également de nouveaux développements au sein de l’école : des projets d’internationalisation des formations en 2023 (master solidarité internationale et travail social, semestre d’échange international), création d’un DU “Coordination des parcours de vie et de soins” en 2021, “Mineurs non accompagnés” et “Politiques et Pratiques du Logement d’Abord” en 2023.

Cette articulation entre recherche et formation est également visible en formation continue, dans le cadre du développement des compétences des professionnels en exercice, comme peut en témoigner le projet ci-dessous dans le domaine du logement et de l’hébergement.  

Plusieurs chercheuses du GERTS sont en effet engagées depuis 5 ans avec d’autres partenaires régionaux membres du PREFAS dans des dynamiques de recherche et de formation centrées sur les politiques de lutte contre le sans-abrisme et les pratiques d’accompagnement des personnes sans domicile à l’échelle de différents territoires en Hauts-de-France. 

Soutenue par les services de l’État et plusieurs collectivités territoriales (Métropole européenne de Lille, Communauté Urbaine de Dunkerque, Amiens Métropole), cette action met en dialogue les savoirs issus de la recherche, du milieu professionnel et de l’expérience de vie des personnes directement concernées. Lancée en 2020 (Journées d’étude des 10 et 11 décembre 2020 avec 200 participants inscrits, présentation des résultats d’une recherche portant sur l’accès et le maintien dans le logement en 2020), cette action a été suivie par la mise en place de 24 sessions de formations pluri-acteurs (travailleurs sociaux, professionnels de la santé, bailleurs sociaux, bénévoles, travailleurs pairs) sur 8 territoires différents et réunissant au total plus de 600 participants entre 2021 et 2023. Le travail se poursuit en 2024 et  ouvre de nouvelles perspectives :

organisation de deux nouvelles journées d’étude (mars et juin 2024, la deuxième journée est spécifiquement réservée aux étudiants), un article en cours d’écriture dans la revue Pensée Plurielle, une collaboration engagée avec des documentaristes pour la réalisation d’un film questionnant l’expérience vécue de la rue au logement, création du diplôme universitaire Politiques et pratiques du Logement d’Abord

et d’autres travaux de recherche en préparation (un travail visant à interroger les nouvelles formes d’habitat et la notion de chez-soi pour les personnes nouvellement relogées, un autre projet porte plus spécifiquement sur les jeunes, public fortement concerné par les difficultés d’accès au logement et particulièrement sur notre territoire). 

Le projet OSÉE, porté par ATD Quart-Monde, est lauréat de la 3ème vague de l’appel à projets du Plan d’Investissement des Compétences (PIC) 100% Inclusion. Il s’agit d’un processus de formation pré-qualifiante, qui prend en compte les compétences de médiation et de solidarité acquises par des personnes qui ont connu ou qui connaissent l’expérience de la précarité, et qui se sont impliquées dans des associations développant le pouvoir d’agir collectif. 

Le projet repose sur l’idée que les compétences individuelles acquises par la vie quotidienne en situation de pauvreté, les savoirs expérientiels collectifs issus d’une réflexion commune entre pairs, croisés avec d’autres sources de savoirs, peuvent constituer des atouts pour l’accès à une formation professionnelle et à son suivi avec succès. 

Quatre chercheuses du GERTS ont été engagées pendant 22 mois dans l’accompagnement de ce projet dans le cadre d’une recherche évaluative participative centrée sur l’analyse de l’expérience formative et les pratiques d’accompagnement des stagiaires engagés. La démarche a reposé sur la réalisation de 130 entretiens individuels auprès de stagiaires, 6 journées d’observation des temps pédagogiques, 22 entretiens individuels et 7 focus group auprès des accompagnants. Ce projet expérimental mené à l’échelle nationale sera implémenté en Bretagne et en Hauts-de-France à partir de juin 2024. 

Ce projet a fait l’objet d’un article en attente de publication: Grégoreski, C., Teodorescu, C., Lienard, L., et al. « Transformer des savoirs d’exclusion et d’engagement en compétences professionnelles dans le champ du travail social : enjeux, atouts et limites d’une formation pré-qualifiante expérimentale », Spirale, no. 75 (à paraitre 2025), et de plusieurs communications. Citons notamment : Cristina Teodorescu, Émilie Duvivier, Laure Lienard, Sylvie Desailly. « L’insertion professionnelle par la valorisation des savoirs expérientiels : le projet OSEE à l’épreuve de la crise sanitaire ». XVIIème Edition de l’Ecole Franco-Roumaine des Sciences Sociales : La crise sanitaire : Quels impacts sociaux et sociétaux, quels enseignements ?, May 2022, Iasi (Roumanie), Roumanie. ⟨hal-04570136⟩  

Contribution à l’ouvrage collectif Accueil et accompagnement d’étrangers primo-arrivants. Les coulisses des processus d’intégration (2022), coordonné par B. MULLER et V. WOLFF.  

Cet ouvrage est le fruit d’une démarche collective de recherche menée par le GERTS au sein du Groupement d’intérêt scientifique Réactifs – recherche financée par le Fonds Asile Intégration sur la période 2017-2021 qui a permis d’interroger plus de 500 professionnels dans 6 régions de France (Grand-Est, en Occitanie, Hauts-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Auvergne Rhône-Alpes et en Nouvelle Aquitaine).  

Parallèlement au travail déployé auprès des professionnels de l’accompagnement, notre équipe a également associé une promotion de 70 étudiants en travail social dans cette réflexion. 

L’article co-écrit dans l’ouvrage présente la recherche que nous avons menée pour penser avec eux les conditions de mise en œuvre de dynamiques d’intervention plus collectives, inclusives et interculturelles dans l’accueil et l’accompagnement de personnes primo-arrivantes. (Émilie Duvivier, Sandrine Marquise, Estelle Soudant-Depelchin. Travail social, art et migrations. Quels enjeux de la rencontre à l’heure de l’inclusion ?. Accueil et accompagnements d’étrangers primo-arrivants, Champ social, pp.101-115, 2022, ⟨10.3917/chaso.mulle.2022.01.0101⟩. ⟨hal-04483100⟩)

Thèse de doctorat en sociologie soutenue par Laure Liénard  le 27/10/2020 à l’université de Metz-Lorraine (Laboratoire 2L2S) sous la direction du Professeur Emmanuel Jovelin. 

En proposant une analyse du travail social en Europe à partir d’une étude comparée de 6 pays européens (France, Pays-Bas, Angleterre, Suède, République tchèque, Italie), cette thèse souligne les phénomènes de convergences en termes de politiques et de pratiques, et les spécificités ancrées dans l’histoire et la culture des différents pays considérés. Elle interroge plus particulièrement la place du travail social communautaire, l’un des points de divergence les plus visibles. La thèse propose ainsi un retour sur les différentes approches qui orientent le travail social et ses méthodes d’intervention pour soutenir le développement de l’autonomie et la prise de pouvoir des groupes : l’intervention sociale d’intérêt collectif, le développement social local, le travail social de groupe, collectif ou interculturel, la pédagogie sociale, la santé communautaire, le contre-pouvoir de Saül Alinsky, la conscientisation de Paulo Freire, les capabilités d’Amartya Sen, le pouvoir d’agir… Si le travail social communautaire, qui mobilise les solidarités de proximité, a connu un âge d’or à partir des années 1960 en Europe occidentale, le glissement progressif du travail social vers des fonctions curatives a contribué à le marginaliser, accentuant les tensions existantes entre le travail social individualisé et le collectif. Depuis les années 2000, la communauté est toutefois replacée au cœur des débats sous l’effet de la prééminence d’un modèle d’activation communautaire. La force du comparatif conduit ainsi à dégager les variables politiques, professionnelles, et théoriques qui contribuent à déterminer la relation entre travail communautaire et travail social. 

Cette thèse a été publiée en 2021 : Laure Liénard. Le Travail social communautaire. Editions du Cygne, 2021, 978-2-84924-669-6. hal-04572601 

Elle a également été suivie d’un ouvrage collectif : Emmanuel Jovelin, Laure Liénard (Dir.). Le travail social en Europe. Entre passé, présent et avenir. Presses de l’EHESP, 2022, Politiques et interventions sociales, 9782810910595. 10.3917/ehesp.jovel.2022.01. hal-04110220 

Cette recherche, financée par la DDETS, a été réalisée entre septembre 2021 et février 2023 en collaboration avec une association du secteur Accueil Hébergement Insertion. 

Celle-ci s’est intéressée à la question de la violence dans le secteur Accueil Hébergement Insertion en interrogeant, du point de vue des professionnels et des publics, la place des phénomènes de violence dans les établissements concernés par l’accueil des « hommes isolés ». Articulant différentes méthodes, approches disciplinaires et niveaux d’analyse (départementale et localement située au sein des établissements et services de l’association partenaire), la réflexion a été guidée par trois perspectives complémentaires : 

1/ l’étude des modes de production et de régulation des violences par les structures ou au sein des structures, 

2/l’analyse de l’expérience subjective des violences subies et agies, 

3/ l’analyse des difficultés et besoins rencontrées dans le traitement et la prévention des situations de violence, en repérant, avec les acteurs concernés, les outils existants et les perspectives à développer.

 Dans une première phase (octobre 2021-janvier 2022), une enquête quantitative a été menée dans les six arrondissements du Nord auprès de 85 professionnels intervenant dans 18 dispositifs distincts. Cette démarche a été complétée par des entretiens auprès de directions de structures, réseaux associatifs, représentants de personnes accueillies et services de l’Etat.

 La deuxième phase (septembre 2021-février 2023) a été conduite avec les équipes et résidents de l’association : 32 personnes impliquées dans des groupes de travail pendant 18 mois : 10 travailleurs sociaux, 6 chefs de services, 6 surveillants de nuit et 10 résidents.

Cette recherche présentée au commanditaire et à l’ensemble des participants lors du lancement du plan Bientraitance en septembre 2022 par la Direction Départementale de l’emploi, du travail et des solidarités du Nord, a également fait l’objet de différentes communications dans le cadre de séminaires de recherche et d’une publication scientifique. (Émilie Duvivier, Laure Lienard. Understanding and Préventing Violence in Homeless Schelters through Collaborative Research: Methodological Insights. Journal of Social Work, 2023, 1, pp.18-31. ⟨hal-04568880⟩ 

Cette recherche a été suivie d’une réponse à un nouvel appel à projet porté par la structure partenaire concernant sur la mise en place de l’approche Réduction des Risques et des Dommages liés aux substances psychoactives sein des structures d’hébergement et de logement accompagné. Le GERTS est sollicité pour accompagner, par la recherche, la mise en œuvre de ce projet. 

 

L' équipe

  • Antoine BACZKOWSKI, Docteur en sociologie, responsable de la Licence Sciences sanitaires et sociales, Licence professionnelle
  • Maya BALHAWAN, Docteure en sociologie
  • Sylvie DESAILLY, Master Sciences de l’éducation
  • Emilie DUVIVIER, Docteure en sociologie, directrice de la recherche pour ESSLIL
  • Emmanuel JOVELIN, Habilitation à diriger les recherches (HDR) en sociologie, Professeur des universités, titulaire de la Chaire travail social (CNAM)
  • Laure LIÉNARD, Docteure en sociologie, responsable du parcours Solidarité internationale et travail social (Master sciences sociales)
  • Milouda MALKI, DESS urbanisme, responsable du Caferuis
  • Laurence PISTERS, Master Sociologie / GOSS, responsable du Master Management des organisations sanitaires, médico-sociales et sociales
  • Estelle SOUDANT-DEPELCHIN, Master sociologie – ethnologie / Changement social
  • Cristina TEODORESCU, Docteure en sociologie, enseignante-chercheuse
  • Sarah TOULOTTE, Docteure en sociologie